MÀJ
Bretagne

Francesco Finizio

Né⋅e en 1967

Vit et travaille à Plouzané

Durant les années 2000, Francesco Finizio développe des dispositifs qui poursuivent son exploration des questions de transaction, de circulation et d'expérience, et sa mise à nu de la difficulté de transmission. Procédant toujours par résonances visuelles et associations d'idées, il se livre à diverses expérimentations, qui passent par le jeu ou la rêverie et qui frôlent souvent l'absurde.
Les œuvres de Finizio sont souvent des dispositifs d'écoute et de transmission, qui rendent l'action incertaine, suspendent le temps et échappent totalement à une logique de productivité, de performance et d'exactitude. La transmission s'effectue alors toujours dans l'écart, la perte et l'approximation (Centre de Tri Visuel, 2002-2003). Finizio questionne notre potentiel d'expérience dans un monde ultra-contrôlé, commercialisé et préfabriqué.
Ce regard décalé et doucement critique, porté sur la société et ses stéréotypes, peut aussi faire intervenir la présence animale : Canary Island (2004) fait « piloter » de manière imprévisible par un canari la programmation musicale d'une station radio pirate.
Francesco Finizio aime mettre en friche ou en mutation des lieux, pour souligner un processus et pour mieux brouiller les frontières, par exemple entre le monde de l'art et celui de l'entreprise (How I Went In & Out of Business for Seven Days and Seven Nights, 2008 : galerie ACDC à Bordeaux devenue un chantier commercialisant successivement divers matériaux en sept jours). Dans cet intérêt pour les sites investis, pouvant devenir des no man's land, Finizio réalise Jackson Hole (2008) qui parodie et parasite Neverland, le parc d'attraction créé par Michael Jackson.

Texte extrait du guide du visiteur, réalisé par l'Institut d'Art Contemporain de Villeurbanne/Rhône-Alpes, pour l'exposition Yes, we don't du 20 mai au 14 août 2011.