Auvergne-Rhône-Alpes

Philippe Favier

Né⋅e en 1957

Vit et travaille dans la Drôme, les Alpes-Maritimes et à Paris

« Apparu sur la scène artistique au début des années quatre-vingt, Philippe Favier s'est immédiatement distingué des courants picturaux dominants (graffitiste, Figuration libre, Trans-Avant-Garde) par sa verve de conteur, sa délicatesse et son humour. Privilégiant une échelle miniature, pied de nez à une certaine grandiloquence caractérisant l'art de l'époque, il développe, à l'instar d'un écrivain sur sa feuille de papier, un univers qui emprunte tant aux scènes ordinaires du quotidien qu'au très vaste répertoire de l'histoire de l'art, des danses macabres médiévales aux féeries exotiques des Orientalistes. Durant quelques années, il adopte un mode très complexe de collage, avant de passer à une adaptation de la technique du fixé sous verre. Avec une virtuosité éblouissante, il compose alors des séries où les références à Bonnard et à Matisse constituent comme autant d'hommages et de clins d'œil - à l'échelle d'une carte postale - à de grands aînés dont il n'aurait pas démérité. Amoureux du détail, il travaille en orfèvre, cisèle ses figures, guilloche ses fonds. Il retrouve la patience des enlumineurs, jusqu'à revisiter les circonvolutions mutines et fantasmagoriques des manuscrits du Moyen Âge.
Il alterne, depuis, l'emploi de supports tantôt transparents, comme le verre, tantôt opaques, comme l'ardoise ou le carton, et décline une thématique qui balance entre les débordements narratifs et l'extrême retenue, voire le presque rien. Ce qui frappe, au vu de l'œuvre accompli durant ces deux décennies de création c'est la très grande cohérence du propos, la tentative constante de se renouveler, enfin la sincérité absolue d'un engagement rare. Et si sa place dans l'art d'aujourd'hui est sans cesse battue en brèche par des formes plus incisives ou plus démonstratives, cet œuvre n'en demeure pas moins une des aventures les plus singulières, les plus authentiques et les plus attachantes menées par un artiste de sa génération. »

Guy Tosatto, 2004

© Adagp, Paris