Bretagne

François Feutrie

Né⋅e en 1983

Vit et travaille à Rennes

François Feutrie est né en 1983 au Mans, il vit et travaille à Rennes.

Ses recherches artistiques se sont portées sur les codes et les stéréotypes présents dans le paysage au sens large du terme et induits par nos sociétés contemporaines. Il s’est questionné sur ce qui fait paysage et comment la standardisation, la normalisation et ses outils, construisent et font partie intégrante de notre quotidien.

Il a longtemps réfléchi à la question du paysage à travers des expositions personnelles telles que «Paysages d'intérieur» ou «Fiction souterraine». Il a joué avec le genre et développé une compréhension du paysage comme géologie — le sous-terrain — ou comme topographie — la surface — («Géologie d'intérieur», «Géo-biologie de salle de bain»).

Avant sa formation artistique, il a suivi il y a maintenant quelques années des premières études en Sciences et vie de la Terre et de l’univers spécialisées en géologie puis, des études en design graphique. Une sensibilité pour ces deux univers lui est restée, elle anime et nourrit en partie conceptuellement et visuellement son travail.

Ses créations actuelles établissent parfois un lien hybride entre l’art et le monde scientifique. Par le biais de différentes expérimentations sur les matériaux — il nettoie, manipule, transforme, fond, brûle, ponce, polit et assemble ces matériaux — le domestique et le décoratif traversent de plus en plus les pièces qu’il crée (Nature morte n°1). En rejouant parfois les gestes d'un soudeur, il opère sur le cuivre ou l'acier, un traitement de surface passant du polissage à une douce brûlure. Les déformations et les éraflures du matériau se trouvent accentuées par des irisations liées à une forte chaleur, qui révèlent un autre regard sur lui et une nouvelle lecture (Une présence fantôme, The medium is the message).

Ses pièces évoquent souvent un parallèle entre la géologie, l'univers des jardins, le temps qui passe ou les déplacements de la matière («Les à-côtés», Voyage stationnaire). Plusieurs d’entre elles empruntent les codes de représentation virtuelle (Cloud, Circonvolution souterraine, Le Fabricatoire de paysages, Pièces d’intérieur). Elles explorent pour d'autres la dématérialisation du paysage et de l’image à l’ère numérique et notre rapport aux écrans (The medium is the message, Cinéma néo-Renaissance, Écran de veille, Cloud Jungle).

Certains de ses travaux retranscrivent les souvenirs que l’on peut avoir d’un lieu en étudiant la mémoire enregistrée par la Terre — représentée par exemple par la composition géologique d’un territoire (Abstraction souterraine) — et les différentes traces humaines — constructions, architectures, actions de détérioration, traces de passage — (UFC, Unidentified Flying Cupola, Excroissance du vide n°1, Protubérance de parquet, Une mutation annoncée, «Cabanes & paysages ambulants en Amériques», «Étant donné un espace d'exposition (...)».

Il réalise des pièces souvent contextuelles, sous la forme graphique et picturale, ou en volume par la création de sculptures et d’installations. Il analyse, déconstruit et décortique soigneusement son environnement immédiat. Il le questionne, le réinterprète et en propose de nouvelles formes — décors, sculptures monumentales, micro-architectures ou vidéos — générant de nouvelles fonctions ou des sens nouveaux (Base, La Nature).