Auvergne-Rhône-Alpes

Simon Feydieu

Né⋅e en 1984

Vit et travaille à Lyon

En tant que sculpteur, je prends comme postulat que l'architecture préexiste à l'œuvre. Ainsi mes sculptures reposent sur des protocoles de fabrication qui s'adaptent aux particularités de l'espace qu'elles investissent. Dans une affiliation à un art pauvre, plantes, fruits, objets trouvés, œuvres empruntées, viennent interagir avec des matières premières. Ces éléments me permettent de rendre visible l'élaboration de l'œuvre. L'architectonique et la chimie du bâtiment rencontrent des pratiques domestiques (jardinage, cuisine, couture, animalerie). C'est tout le prisme de l'habitat, du gros-œuvre à la décoration, que je convoque en associant des techniques appartenant à des corps de métiers distincts.
J'emprunte également dans mes collages des œuvres d'artistes de ma génération comme autant de collections éphémères, me refusant une iconographie propre, restant dans l'optique de travailler sur des associations et des agencements éphémères.
Toutes les œuvres nécessitent d'être entretenues ou reproduites à chaque exposition. Elles sont de dimensions ou de contenus variables, reposant essentiellement sur un processus de collecte et de construction. Dans l'optique de privilégier le processus de réalisation par rapport à une forme figée et d'anticiper les problématiques de conservation et de réactivation concomitantes, une sélection de mes œuvres a fait l'objet d'une rédaction de protocoles, proches de certificats ou de modes d'emploi, qui sont réunis dans l'ouvrage monographique Livre noir, paru aux éditions ADERA, en partenariat avec l'Institut français de Stuttgart. Ce catalogue est sans image.
Depuis quelques mois, je privilégie des matériaux malléables à des protocoles reproductibles. Je suis devenu plus attentif aux propriétés chimiques et architectoniques des éléments qu'aux spécificités des sites où je les collecte. Mes œuvres récentes ne sont donc plus éphémères, bien qu'elles restent de dimensions variables.

Simon Feydieu, 2014