Provence-Alpes-Côte-d'Azur

Anita Molinero

Né⋅e en 1953

Vit et travaille à Paris et Marseille

Représenté⋅e par Galerie Thomas Bernard / Cortex Athletico, Paris

Mon champ de références est planté d'un cimetière avec des disparus, des fantômes et d'un super marché. Du vivant, des morts et des esprits. Le point commun entre ces espaces est le rangement dans les allées pour le cimetière dans les rayons pour le super marché Dans les disparus qui me laissent dormir en paix : une sculpture de Fontana, une danseuse de Degas avec tutu par exemple. Dans la série fantômes qui me hantent des feutres de Morris, une boule tricotée par R Truckel, une belle chatte de Séchas, un tableau de Mondrian avec un fond bleu "de Delft" et de l'adhésif de couleur. La rencontre de la pauvreté et de la jubilation dans l'oeuvre d'Oïticica. Manzoni fut pour moi une figure fascinante et dynamique dont j'ai cru longtemps envier l'avant-gardisme insolent que j'aurais voulu posséder comme on convoite une qualité naturelle injustement inaccessible. Je me suis aperçu, il y a peu de temps que c'était "le coton, les effets bandes Velpeau" le catholique enfantin et mauvais jouant avec les matériaux de la crèche qui m'intéressait chez Manzoni. Il fait partie désormais des disparus. Les fantômes sont des oeuvres aux contours flous des parties détachées du tout, ça peut aller de cette matière blanche légèrement rugueuse et matte de la chatte épanouie de Séchas à un rideau éclatant de F Gonzalez Torres. Dans la série du Super marché, je me sers, je consomme sans souci de traçabilité ; des films. Bernadette Lafond et sa cabane, pute amoureuse d'un bouc dans la fiancée du pirate, la collectionneuse idéale pour une de mes série de sculptures. Teminator 2 rencontre d'une séquence et du mur de Vénilia. Alien 3 car j'ai parfois l'impression qu'au fond de mes poubelles fondues, deux lueurs me regardent et essaient de m'attendrir de leurs éclats mouillés. Un peu de ketchup, un peu de mayonnaise et du chocolat un jour ou l'autre je ferais une sculpture avec ces 3 couleurs en pensant à Mac carty et une couverture au crochet de M Kelley ou des draps noués à la Cattelane que je pourrais utiliser pour attacher une sculpture ...
Mais au fond existe-t'il un élément invariant qui aurait traversé les années et les formes? Je me posai cette question, penchée sur un texte que j'avais écrit, du coup j'ai recherché des notes j'ai regardé des cartons d'invitation. J'ai réfléchi à ce refus entêté de donner des titres jusqu'à supprimer le "sans titre" convenu dans ce cas. Je me suis aperçu que le mot sculpture était toujours présent répété inlassablement sans aucun souci d'élégance (jamais de synonyme pour éviter la lourdeur) ni aucun sens de l'humour ou du jeu. Je me suis mis à l'observer, comme on regarde attentivement un objet sous tous ces angles en essayant d'en découvrir la fonction. Je l'ai tout d'abord découvert manuscrit et avec mon écriture : Un S simplifié séparé du mot , c' est tout de même le "S" de sorcière, représentation épurée du serpent (qui siffle) ensuite il y a le mot "CULPTURE" divisé (en isolant CUL) par le "P" muet de père ou de Pénis. et si ce choix de la sculpture souvent pénible à réaliser trouvait son référent et son aboutissement dans son nom, écrit par moi même de préférence