Emmanuel Simon

entretien avec Stefania Meazza
réalisé par Cécile Dumas
novembre 2022

Dans sa pratique, Emmanuel Simon met à mal les notions constitutives du vocabulaire des arts plastiques - et tout particulièrement celles d’œuvre et d’auteur. S’imprégnant des contextes dans lesquels il est invité à opérer, il s’emploie à déjouer les pratiques d’usage du milieu: il transforme les expositions personnelles en invitations collectives (à des artistes mais aussi à des amateur·rices), il privilégie une pratique basée sur le processus, il laisse dissoudre sa pratique personnelle dans une dynamique collective. De la peinture, le médium pratiqué depuis les études, restent d’autres formes entretenant avec elle une filiation plus ou moins manifeste: le wall painting (fruit de l’abandon du châssis et puis du support), l’édition (capable de retracer les dynamiques du travail collectif), la sculpture ou l’installation (en prise directe avec le contexte physique de l’œuvre). Les multiples formes de collaboration pratiquées au sein des collectifs éphémères formés à l’occasion de chaque projet se reflètent dans la documentation diversifiée de ces processus: échanges de mail, notes, croquis, réunions, où l’exposition n’est qu’une parmi des étapes de travail collaboratif et pas son aboutissement définitif et immuable. À nouveau, le caractère imprévisible et précaire des créations issues de ces expériences interroge le statut de l’œuvre, tout en en proposant une lecture élargie, plurielle, démystifiée.

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Entretien de l'artiste avec Stefania Meazza, dans le cadre de l'exposition "Et j'ai vu le bout du pays où les nuages sont infinis. Volet II : Vivre l'expérience ?", du 23 septembre au 03 décembre 2022, BBB Centre d'art, Toulouse.

Réalisation : Cécile Dumas

Coproduction : Réseau documents d'artistes & Documents d'artistes Occitanie

Collection d'entretiens filmés du Réseau documents d'artistes – 2022