Victoire Barbot

Carnet de résidence
Résidence de territoire avec le Frac Sud - Cité de l'art contemporain

Les 4 étoiles

En juin 2021, Victoire Barbot est invitée par le Frac Sud - Cité de l'art contemporain pour une résidence de territoire au Village vacances Martin Zédé à Six-Fours-Les-Plages, priorité de la Caisse Centrale des Activités Sociales de l’énergie (CCAS).

Durant plusieurs semaines, Victoire Barbot a vécu aux côtés des usagers et vacanciers du village vacances. Ce carnet de résidence présente une partie de ses recherches et collectes sur site ainsi que les œuvres qu'elle a produites durant son séjour.

Inventaire et présentation des matériaux collectés sur site. Restitution publique, août 2021.
Photo : Laurent Lecat

Etude du contexte

Dans le cadre de cette résidence, il était important pour Victoire Barbot de s'imprégner du lieu, son histoire, ses rythmes et ambiances et d'en comprendre le fonctionnement et les usages.

Il faut savoir que le village vacances Martin Zédé est réservé aux salariés et anciens salariés des entreprises de la branche des Industries électriques et gazières. Depuis plusieurs générations, le village vacances accueille des familles qui ont pris l'habitude de se retrouver chaque année à Six-Fours-Les-Plages. Une tradition, une pause bien méritée au soleil et au bord de la mer, organisée par les entreprises pour leurs employés.

D'après le témoignage de certains, à ses débuts, le village vacances a plutôt des allures de camp, avec des grandes tentes participant à une mise en commun des activités, favorisant les temps collectifs et garantissant une simplicité centrée sur l'essentiel : être ensemble, partager, passer du bon temps.

Si le site a été menacé de destruction, la CCAS a conservé les 8 hectares de terrain à 300 mètres de la plage et en a amélioré le confort, au détriment d'une certaine forme d'utopie communiste.

Aujourd'hui, les familles occupent des petites maisons-bungalow, plus intimes et autonomes, recouvertes de tuiles oranges et de crépis rose, jaune, ocre. Dans une esthétique architecturale des années 1970-80, elles se fondent très bien dans le paysage local ; les pins maritimes ponctuent les allées pour garantir une ombre salvatrice aux plus chaudes heures de l'été. Tout est conçu et aménagé spécialement pour les familles, depuis le programme d'activités, aux équipements (cantine, piscine, médiathèque...), jusqu'aux petits chemins qui serpentent entre les maisons pour rejoindre les lieux collectifs et la plage. C'est cet environnement esthétique, contextuel et social qui a inspiré Victoire Barbot pour proposer des œuvres à partir des matériaux récupérés sur place.

Un paradoxe est intéressant à observer : si le site a un côté artificiel car entièrement pensé pour des vacanciers et des activités de loisir, il a pourtant une vocation à être permanent, car sous le crépis les constructions sont solides et résistent au passage de milliers de personnes chaque année. Les enfants des employés d'hier sont les retraités bénévoles qui assurent pour les nouvelles saisons, l'animation des activités.

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Collecte des matériaux

La pratique de Victoire Barbot commence toujours par une étape de collecte des matériaux présents sur le lieu de production des œuvres à venir.

Avec la consigne "Je récupère tout ce qui ne vous sert plus", des animateurs-vacanciers ont accompagné l'artiste à la découverte du site ainsi que dans un lieu de stockage de matériel usé d'EDF. Ils lui ont permis d'avoir accès à des matériaux parmis lesquels :
- des éléments propres à l'industrie gazière et électrique : câbles, tubes en cuivre et tuyaux divers, têtes de transformateurs électriques ; compteurs ; isolateurs en verre ; casques ; gants...
- une brochure de prévention aux risques physiques et psychosociaux en entreprise remis aux vacanciers.
Cette brochure a été la base d'un répertoire de formes et d'éléments visuels que l'artiste a réutilisé pour ses productions d'oeuvres papier.
- de nombreux papiers blancs et de couleur.

Par ailleurs, sur le site, sont présents de nombreux panneaux de sensibilisation et en particulier sur l'utilisation de l'eau et sa préservation.

Par le biais de la collecte, Victoire Barbot a engagé des conversations avec les vacanciers et anciens employés.

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Entretien entre Victoire Barbot et deux anciens employés

Production des peintures en papier

Pendant la pandémie, Victoire Barbot a fait une parenthèse sur son travail de sculpture en volume, pour déployer des peintures sur papier.

Employant la technique du papier mâché, elle broie du papier pour en obtenir une pulpe blanche ou colorée, selon la couleur du papier utilisé. Pendant tout le process, l'artiste accorde une grande importance à l'économie de l'eau, à sa réutilisation optimale.

Les nouvelles images produites par l'artiste proviennent de la brochure et sont des extraits de visuels dans lesquels était représenté l'élément eau. Ici une larme, de l'eau qui coule d'un hublot de machine à laver, de la salive... Un répertoire de formes qui fait écho avec le principal matériau utilisé dans l'industrie électrique : l'eau.

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Exposition des œuvres sur site

Les objets collectés sur site ont été disposés sur le sol dans le hall d'entrée de l'espace de vie. Cet inventaire est une première étape pour Victoire Barbot, préalable à un travail pour une mise en volume des éléments en équilibre. Cette deuxième étape n'a pas pu être réalisée faute de temps et pour des raisons de sécurité.

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Les peintures sur papier ont été exposées dans des maisons-bungalow.

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