Œuvres dans l'espace public
Christophe Doucet

Lapins infinis

1% artistique, 2025
Collège et Lycée, Le Barp

Le thème d’un lièvre ou d’un lapin construit par une succession de formes en Z est repris dans ces œuvres, d’où le titre Lapins infinis, comme une figure en mouvement perpétuel, sans début ni fin. Chaque sculpture repose sur un socle qui, par sa forme, fait référence aux « tapchan », ces lits-banquettes en bois typiques d’Asie Centrale, sur lesquels on peut s’asseoir, s’allonger ou partager un repas. En écho à cette tradition conviviale, l’artiste invite les passant·es à s’installer sur le socle, dos à la sculpture, pour faire une pause, se reposer ou simplement observer leur environnement.
À l’image de la forme des échelles Dogon ou des Colonnes sans fin du sculpteur Constantin Brancusi – manifestations matérielles de l’énergie terrestre propulsée vers l’immensité du ciel – Lapins infinis rappellent le cycle ininterrompu de la nature, se renouvelant sans cesse, et faisant écho aux générations d’élèves qui se succéderont dans ces murs.

Ces œuvres sont réalisées en pin maritime récupéré des incendies de 2022 à Préchac en Gironde. Christophe Doucet a travaillé avec la Scierie Labrousse et Fils pour déligner le pin, ce qui consiste à le scier dans la longueur, parallèlement au sens du fil des fibres du bois. C’est ensuite dans son atelier qu’il a taillé le bois à coup de tronçonneuse longitudinale (dans le sens de la longueur). Fabriqué en inox, le socle a été recouvert de planches en pin maritime pour s’accorder avec la sculpture. Ce choix de matériau a été influencé par les exigences liées à l’installation des sculptures.
En effet, l’idée de départ de l’artiste s’est vue modifiée par les contraintes techniques dues au poids et à l’emplacement des œuvres, implantées sur une chape de béton ne pouvant pas supporter une charge trop lourde. Ainsi, Christophe Doucet en a profité pour expérimenter une pratique différente, créant une sculpture plus fine et dans un bois plus léger, privilégiant le pin plutôt que le chêne. Plus fibreux et n’autorisant que des coupes semblables à des traits de charpente, la nature du pin maritime a guidé l’artiste pour faire émerger la forme finale de l’œuvre.

Marie-Anne Chambost, texte de l’édition sur la commande (extrait)