Wendie Zahibo
Né⋅e en 1991
Vit et travaille entre la Guadeloupe et l'Hexagone
Le travail de Wendie Zahibo se construit à la croisée de la photographie, du collage, de la poésie et de la recherche. Il naît d'une expérience personnelle de la dispersion : née d'une famille aux racines ivoiriennes et centrafricaines, ayant grandi en Guadeloupe et vivant aujourd'hui entre l'île et la France hexagonale, l'artiste porte en elle plusieurs géographies qui ne cessent de se répondre. C'est de ce lieu, toujours pluriel, qu'elle regarde l'Atlantique noir, non comme un objet d'étude extérieur, mais comme un espace qu'elle habite et qu'elle continue d'apprendre à lire.
Ses projets au long cours procèdent tous d'un même geste : partir d'un récit collectif fragmenté, celui des femmes afrodescendantes, celui des architectures vernaculaires, celui des mémoires spirituelles diasporiques, pour en recomposer les fragments par l'image, le texte et le montage.
Depuis 2022, le collectif masonn prolonge sa recherche à une autre échelle : en interrogeant l'architecture vernaculaire et le réalisme mystique dans différentes aires géoculturelles noires, elle cherche à révéler des continuités culturelles souvent tenues pour disparates, et à en imaginer les potentialités d'innovation.
Le collage occupe dans sa pratique une place méthodologique autant qu'esthétique : c'est un geste de reconstruction qui refuse la linéarité, qui assume la coupe et la reprise comme des formes de vérité sur la façon dont les identités diasporiques se fabriquent, par sédimentation, emprunt, réinvention. La photographie et la performance viennent, elles, interroger le corps comme lieu de mémoire vivante, tandis que l'écriture poétique ouvre dans l'image des espaces de projection et de soin.
Doctorante à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, elle poursuit cette recherche artistique par une thèse consacrée au « faire-kaz » dans l'Atlantique noir, qui articule art, économie et utopies diasporiques. Cette double position, praticienne et chercheuse, nourrit une méthode de recherche-création où le terrain, les archives et l'atelier se répondent constamment.
Ce que Wendie Zahibo cherche, in fine, c'est à faire de l'œuvre un lieu de recomposition, un espace où les récits dispersés de l'Atlantique noir peuvent se retrouver, se répondre, et ouvrir sur de nouvelles formes de vie commune.
© Adagp, Paris