Valérie John
Né⋅e en 1964
Vit et travaille entre la Trinité, Martinique et le Sénégal
Valérie John a quitté la Martinique afin de poursuivre des études à Paris. Elle s’est ensuite installée au Sénégal et s’est intéressée, lors de ses multiples déplacements en Gambie, au Mali et en Mauritanie, au pagne bogolan, à la pratique des teinturières sarakolés (soninkés) et à la confection de l’indigo. Après plusieurs années en Afrique, elle décide de retourner à la Martinique pour poursuivre sa pratique et commence son travail d’enseignante.
« De retour sur l’île, V. John installe son « métier à métisser », expression qu’elle emprunte au poète haïtien René Depestre. Son œuvre est une plongée dans la mémoire du pays. Elle retrouve à la Martinique la couleur indigo, souvenir d’une Afrique rêvée. Le tissage fait d’elle une « marqueuse de paroles » et constitue pour elle une manière de monter, de mettre en rapport plusieurs histoires, plusieurs gestes dispersés par les transbordements et déplacements répétés des mémoires et des corps antillais. La tisseuse assemble, écrit, guérit, édite, et fait de l’oubli la matière fluide d’une mémoire qui se recompose sans cesse.
Le temps comme donnée est aussi très important pour V. John. Ses installations suspendues ou allongées, à l’image de Et si les griots… (1998-2021), évoluent au fil du temps, et l’or qu’elle appose sur ce qu’elle nomme ses « corps-palimpsestes » fait progressivement ressortir les complexités du noir indigo, signe de ce qui a résisté, en changeant, à l’expérience de la cale. »
Chris Cyrille
© Adagp, Paris