MÀJ
Auvergne-Rhône-Alpes

Leslie Amine

Né⋅e en 1981

Vit et travaille à Grenoble

Représenté⋅e par Galerie Claire Corcia, Paris et So Art Gallery, Casablanca

« L'univers dans lequel nous plongent les peintures de Leslie Amine évoque des espaces que l'on situerait sous les tropiques, dans la touffeur de l'air. Des juxtapositions, de lieux et de moments différents richement dépeints, nous rappellent les descriptions extrêmement détaillées et ciselées par l'écrivain V. S. Naipaul dans ses romans. L'acidité de certaines couleurs et l'association de plages contrastées qui s'entrechoquent génèrent une tension dans l'espace pictural des tableaux. Cet état nous fait percevoir à la fois une sorte de mélancolie ou de fatalisme insulaire d'où émergent des explosions d'énergie, des réminiscences de formes, de visages, de silhouettes, de masques ou de statuettes qui font travailler notre mémoire visuelle et agissent sur nos sentiments. […]
L’attention portée à un éventail technique étoffé se déploie sur toute la surface des toiles et également sur des panneaux de bois dont l'aspect révèle même une certaine violence dans les interventions plastiques. Cette volonté se veut l'écho d'une recherche exigeante qui peut aller jusqu'à l'accident volontaire dans la confrontation avec les supports peints. […]
Le vocabulaire plastique qui nous vient en analysant les surfaces s'avère riche : empâtement, biffure, giclure, strie, aplat, éclaboussure, dégradé, fondu, superposition... […] Ce grand plaisir dans le mixage des gestes du peintre que l'on pourrait relier par certains aspects à ce que l'on peut observer chez David Salle ou Daniel Richter, ainsi qu'une grande exubérance dans l'usage de la couleur et le propos formel, donnent à cette peinture un caractère à l'opposé du déceptif. Répondant au triturage de la matière et des pigments, le langage thématique des tableaux, peints comme des palimpsestes, apparaît comme un brassage de références métisses entre vision fantasmagorique, néo-expressionnisme et pattern painting. » […]

Extrait du texte de Alain Fraboni, pour l'exposition Distractions, L'attrape-couleurs, Lyon, 2013