Laurent Tixador
Né⋅e en 1965
Vit et travaille à Laroque-Timbault
La plupart de mes pièces sont des travaux voués à disparaître, ce sont des performances. Mais pendant ces performances, je fabrique aussi des objets. C’est une suite logique, tout s’enchaîne, parce que pendant les performances, j’ai cette envie de fabriquer des objets. [...] Je les fabrique comme les marins fabriquent les leurs durant leur voyage en mer.
J’aime retrouver des gestes naturels, qui ne sont pas prémédités. Je ne suis artiste que pendant que je prépare une performance ; après je ne me considère plus comme tel. Je suis un marin, un marcheur, quelqu’un qui fait une usine, etc. Et c’est à partir de ce comportement nouveau pour moi, qui n’est pas le mien habituellement, que je vais trouver des gestes naturels de création qui ne sont pas forcément des gestes d’artiste.
Je crée des situations qui me permettent de travailler dans d’autres situations. C’est comme si chacune de ces performances était une sorte d’atelier qui n’aurait rien à voir avec un atelier classique, académique, où toutes les conditions sont réunies pour bien travailler, mais qui n’est pas fort de proposition. L’atelier d’artiste ne te propose rien du tout. Mais les ateliers que je crée, en revanche, sont une accumulation de surprises. Je suis dans la découverte. C’est ce qui crée une collaboration entre moi, un lieu, une situation, etc.
© Adagp, Paris