Nouvelle-Aquitaine

Frédérique Bretin

Né⋅e en 1962

Vit et travaille à Calviac-en-Périgord

L’espace est le cadre conceptuel de ma recherche photographique. Je le définis constitué de tout ce qui entre dans le champ du regard, tant les lieux que les objets. Il est le terrain poreux où s’inscrivent et s’enfouissent toutes les histoires : intimes, collectives, l’Histoire. Je l’observe comme un empilement successif de constructions, d’effacements, de recouvrements. Pour cela, je l’imagine s’articulant autour de trois dimensions.
D'abord, la surface, un espace vierge, une page blanche sur laquelle prend place le décor.
Puis, le décor se compose d’édifications et d’agencements, de toutes sortes d’objets tant naturels qu’issus de l’activité humaine, et contient aussi les événements qui le traversent. A l’échelle du temps, il demeure, se transforme, disparait, un autre lui succède.
Enfin, la profondeur invisible comporte les histoires, la mémoire des anciens décors enfouis sous la surface, elle archive les strates superposées du temps, des événements passés qui tissent le présent.

Constructions, effacements, enfouissements, recouvrements se succèdent. Grâce à ce mouvement perpétuel, je conçois chaque espace comme une matière, à la fois polysémique et polymorphe, capable de susciter une diversité de perceptions visuelles. L’espace imaginé sous cette forme surface-décor-profondeur permet de s’interroger sur ce que les lieux conservent des événements qui les traversent. Il amène à se demander, comment ceux-ci agissent sur notre réception du monde. La photographie à l’image de la perception visuelle façonne notre lecture du monde, l’une et l’autre produisent leurs propres visions.

© Adagp, Paris