Anne Marie Rognon
Né⋅e en 1969
Vit et travaille à Clermont-Ferrand
[...] L’atelier d’Anne Marie Rognon déborde de ses créations récentes, aux couleurs acidulées. Grands tableaux fixés aux murs ou posés à même le sol, objets de petite taille, accouplés avec d’autres, repeints (table prune + chaises jaunes), reliquats d’une installation, objets modelés en terre cuite (faïence) représentant le godet denté d’une pelleteuse, une dent bleue sculptée, baptisée ironiquement Blue Tooth et du coup teintée de bleu, toute une série de vêtements d’enfants (petite veste, petites robes, petits pantalons, petit chemisier) habillant des petits tableaux remplis de fleurs, de tiges herbeuses. C’est charmant, naïf intentionnellement, frais comme des sourires à contre-courant. [...]
Mais au total, ce qui éclate, c’est un style. Un usage franc de la couleur, qui fait penser à la façon dont la vidéaste se sert des mots, bruts de décoffrage, ça dépote, rouge, vert, jaune, bleus divers, rose, noir, orange, tous bruts de détubage, pas besoin de trafiquer des mélanges chics, chichiteux, vlan, voilà la lumière de l’arc-en-ciel. Anne Marie Rognon est l’artiste de la célébration joyeuse des choses ordinaires, déguisées comme pour aller danser dans un bal masqué. Pas triste !
Les fantômes de Clermont–Ferrand, par Jean-Paul Fargier, Turbulences vidéo, 2025 (extrait)