Lever le pied
Exposition qui fait suite à une résidence de recherche.
Dans le cadre d’une expérimentation mêlant art et sciences sociales, nous avons proposé à six entrepreneur·es de financer deux mois de pause dans leurs activités. À travers une fable où l’autoroute symbolise la vie active et la vitesse automobile son intensité, Tangente décortique notre rapport au travail et au repos.
L’installation interroge notre manière de travailler et de produire, à l’heure où l’accélération des rythmes entre en tension avec les limites humaines et écologiques. En organisant des pauses choisies, le projet remet en question l’obligation de rester performant·e et de produire toujours plus. Il ouvre un espace pour envisager d’autres organisations du travail et de la valeur, où la sobriété ne serait plus subie mais désirée, et où le ralentissement pourrait devenir une ressource plutôt qu’un manque.
L’expérimentation fait aussi écho à des propositions politiques comme la décroissance ou le salaire à vie, en posant une question simple : comment vivrions-nous si nos existences n’étaient plus conditionnées par la nécessité de produire sans relâche ?
Tangente propose ainsi un déplacement du regard : faire de la pause non pas une anomalie dans le flux productif, mais un levier pour repenser nos manières de vivre.